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Pollutions Méditerranée : un point de non-retour en 2030

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Nicolas
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Pollutions Méditerranée : un point de non-retour en 2030

Message par Nicolas »

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Déchets plastiques et médicamenteux, urbanisation, pollutions agricoles et rejets d’hydrocarbures sont autant de sources de pollutions qui s'accroissent, alerte un rapport parlementaire qui fait 10 propositions pour enrayer la tendance d'ici 2030.

"La Méditerranée est dans une situation préoccupante. La communauté internationale doit réagir" pour enrayer la pollution sur tout le bassin à l'horizon 2030, a déclaré le sénateur PS de l'Aude Roland Courteau, en présentant mercredi 22 juin un rapport sur le sujet à la demande de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST). Pendant 18 mois, le rapporteur a auditionné deux cents scientifiques français et étrangers et visité plusieurs pays riverains du bassin (Grèce,Turquie, Malte, Tunisie, Libye..). La mer Méditerranée est ''un réservoir en matière de biodiversité'' qui abrite 7 à 8 % des espèces marines connues (12.000 espèces) pour ''seulement 0,3% du volume des eaux'' de la planète, a rappelé le rapporteur.

Mais de fortes pressions environnementales continuent de peser sur la Méditerranée qui fait face à plusieurs sources de pollution qui s'accroissent. Or cette mer ''semi-fermée met un siècle à se renouveler'' et ''concentre ces polluants'', a alerté devant la presse Roland Courteau. Des polluants qui ''s'attaquent aux biotopes'' et continuent de proliférer surtout dans les rives Sud. D'autant que ''plus de 80 % de la pollution maritime en Méditerranée provient des terres''.

Des PCB, POP ou métaux lourds...

Aux dégazages des navires et rejets d'hydrocarbures ''volontaires'' (de l'ordre de 100.000 à 200.000 tonnes par an) s'ajoutent les rejets chimiques industriels et/ ou agricoles ''toxiques'' comme les pesticides, les relargages des polychlorobiphényles (PCB) ou des polluants organiques persistants (POP) dont le dichloro-diphényl-trichloréthane (DDT)interdit depuis 1972 par l'OMS. Ceux-ci persistent dans l'environnement marin, ''s'y lyophilisent, facilitant leur transmission dans la chaîne alimentaire''. Sans oublier les pollutions aux nitrates et phosphates qui sévissent dans les rives sud liées à un manque de services de retraitement des eaux. Sachant que 44% des villes de plus de 10.000 habitants des pays de la zone sud n'ont toujours pas de réseaux d'épuration contre 11 % sur la rive nord … S'y ajoutent également les métaux lourds (zinc, césium, mercure, plomb, cadmium chrome, nickel ou cuivre) ''hérités du passé industriel'', déposés dans les sédiments des fleuves (comme le Rhône, l'Ebre ou le Pô en rive nord), avant d'être rejetés en mer.

… aux macrodéchets

Sans oublier les plastiques parmi les macrodéchets. Ces débris de l'ordre de 300µ (micromètres) en Méditerranée fixent les polluants persistants et les transmettent à la chaîne alimentaire par l'intermédiaire du phytoplancton. Les plastiques ''qui représentent 60 à 80% des déchets en mer'' véhiculent les ''espèces invasives'' et sont sources d"occlusions intestinales chez les espèces marines qui les ingèrent. Les déchets plastiques dont ''la densité est de 70 pièces au km2'' accélèrent la polymérisation de la mer Méditerranée. ''Les plastiques se dégradent en fragments de plus en plus petits et fixent les polluants'', déplore Roland Courteau tout en pointant du doigt ladite biodégradabilité des sacs plastiques qui est ''estimée seulement à 30%''.

A tous ces contaminants déjà connus s'ajoutent les pollutions ''dites émergentes'' en provenance des produits cosmétiques et pharmaceutiques. Ces polluants sont transférés vers la mer par les eaux usées comme les antibiotiques, les anticancéreux ''qui peuvent être mutagènes et reprotoxiques'' ou les contraceptifs, perturbateurs endocriniens, dont la consommation augmente. Le sénateur s'inquiète aussi de l'impact des crèmes solaires (composées notamment de nano-titanes) utilisées sur les plages en cette période estivale venant contaminer le bassin méditerranéen qui attire 275 millions de visiteurs par an. Le tourisme engendrant une pression supplémentaire sur la pollution.

Sans parler de la pression de la pêche, du transport maritime et de l'urbanisation accrue du littoral, la population des pays riverains ayant fortement progressé de 50% en 30 ans surtout sur les rives Est et Sud entre 1970 et 2000. Elle est passée de 285 millions d'habitants à 427 millions. Or, cette pression démographique est appelée à croître encore, d'ici 2025, de plus de 41% sur la rive sud et constitue une menace. Aux côtés du changement climatique -''plus marqué en zone sud''- et ses impacts sur l'acidification de la mer ''dont la température et la salinité ont augmenté".'' D'ici à 2030, ce phénomène se poursuivra'', affirme le rapporteur.

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Sources et informations : Actu-Environnement.com, MaxiSciences. Texte : © Actu-Environnement.com, photo : © Paton stock
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